L'épicerie de quartier vit de la proximité la plus immédiate : le client passe parce qu'il habite en face, qu'il rentre tard ou qu'il manque une chose pour le dîner. Son emplacement se juge donc à l'échelle de quelques rues, et sa concurrence ne se limite pas aux autres épiciers : les supérettes des grandes enseignes, les supermarchés et la livraison à domicile se disputent le même panier. Cette page rassemble les critères d'emplacement et les chiffres publics de l'alimentation de proximité à Paris.
Épicerie, supérette, épicerie fine : de quoi parle-t-on ?
La nomenclature de l'INSEE distingue les formats selon la surface de vente :
| Format | Code NAF | Surface de vente |
|---|---|---|
| Alimentation générale (épicerie) | 47.11B | moins de 120 m² |
| Supérette | 47.11C | de 120 à 400 m² |
| Épicerie fine, commerce alimentaire spécialisé | 47.29Z | magasin spécialisé : épicerie fine, crèmerie, cafés et thés, produits du monde… |
Le format décide de tout le reste : l'épicerie indépendante vit d'horaires larges et du dépannage, la supérette, souvent sous enseigne, des courses quotidiennes d'un quartier dense, l'épicerie fine d'une clientèle aisée prête à se déplacer pour un produit.
Ce qui fait un bon emplacement d'épicerie
- La densité de logements dans un rayon de quelques minutes à pied. Les petits ménages (personnes seules, étudiants, jeunes actifs) font des courses fréquentes et en petites quantités : c'est la clientèle naturelle de la proximité.
- L'absence de supermarché très proche. Un supermarché à deux minutes capte les courses principales ; l'épicerie ne garde alors que le dépannage.
- Les horaires du quartier. Un quartier qui vit tard, avec des sorties et des habitants jeunes, fait vivre une épicerie ouverte le soir.
- La livraison et le stockage. Un accès pour les livraisons, une réserve, idéalement une cave : sans stock, pas de marge.
- La visibilité. Vitrine et étalage extérieur (sous autorisation municipale) attirent le client de passage, notamment pour les fruits et légumes.
La méthode pour mesurer la population et le potentiel d'une adresse est détaillée dans le guide de la zone de chalandise.
Les chiffres de Paris, arrondissement par arrondissement
Le tableau compte les entreprises actives du commerce alimentaire de proximité dont le siège est dans chaque arrondissement, d'après le répertoire SIRENE, rapporte les épiceries et supérettes à la population, et donne le prix des fonds d'alimentation générale vendus entre 2023 et 2025, d'après le BODACC.
| Arrondissement | Alimentation générale | Supérettes | Autres commerces alimentaires | Créées en 2025* | Habitants | Épiceries et supérettes pour 10 000 habitants | Prix médian d'un fonds d'épicerie** | Ventes avec prix |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Paris 1er | 32 | 6 | 32 | 2 | 15 114 | 25,1 | – | 0 |
| Paris 2e | 41 | 6 | 23 | 6 | 19 847 | 23,7 | – | 3 |
| Paris 3e | 51 | 8 | 32 | 4 | 32 179 | 18,3 | – | 2 |
| Paris 4e | 40 | 6 | 22 | 3 | 27 332 | 16,8 | – | 1 |
| Paris 5e | 84 | 8 | 46 | 8 | 55 252 | 16,7 | 40 000 € | 5 |
| Paris 6e | 51 | 7 | 35 | 3 | 40 389 | 14,4 | – | 3 |
| Paris 7e | 60 | 9 | 32 | 2 | 48 015 | 14,4 | 47 000 € | 6 |
| Paris 8e | 107 | 15 | 57 | 18 | 35 317 | 34,5 | – | 0 |
| Paris 9e | 134 | 17 | 61 | 8 | 57 271 | 26,4 | – | 3 |
| Paris 10e | 297 | 22 | 85 | 26 | 83 873 | 38,0 | 32 000 € | 8 |
| Paris 11e | 290 | 26 | 88 | 21 | 138 170 | 22,9 | 50 000 € | 13 |
| Paris 12e | 192 | 19 | 51 | 18 | 138 024 | 15,3 | 50 900 € | 11 |
| Paris 13e | 156 | 25 | 36 | 10 | 181 271 | 10,0 | 50 000 € | 6 |
| Paris 14e | 161 | 15 | 63 | 15 | 136 455 | 12,9 | 25 000 € | 12 |
| Paris 15e | 216 | 22 | 83 | 19 | 229 713 | 10,4 | 50 000 € | 10 |
| Paris 16e | 131 | 26 | 68 | 10 | 159 386 | 9,9 | – | 1 |
| Paris 17e | 240 | 24 | 91 | 18 | 159 212 | 16,6 | 41 000 € | 11 |
| Paris 18e | 528 | 24 | 106 | 39 | 183 127 | 30,1 | 35 000 € | 24 |
| Paris 19e | 260 | 40 | 58 | 21 | 178 691 | 16,8 | 30 000 € | 15 |
| Paris 20e | 310 | 32 | 72 | 25 | 185 140 | 18,5 | 50 000 € | 13 |
| Paris | 3 381 | 357 | 1 141 | 276 | 2 103 778 | 17,8 | 44 000 € | 147 |
* Entreprises des trois activités créées en 2025 et toujours actives. ** Fonds d'alimentation générale (47.11B), médiane affichée à partir de 5 ventes dans l'arrondissement. Sources : INSEE, répertoire SIRENE (unités légales actives, NAF 47.11B, 47.11C et 47.29Z, siège à Paris, 75016 et 75116 regroupés) ; INSEE, population municipale légale ; BODACC, ventes de fonds publiées de 2023 à 2025 avec un prix. Calcul Emplacement Pro, septembre 2026.
Comment lire ces chiffres
Le nord-est concentre l'alimentation de proximité
Paris compte 3 738 épiceries et supérettes, soit 17,8 pour 10 000 habitants. Les arrondissements les plus denses rapportés à leur population sont : 10e (38,0), 8e (34,5), 18e (30,1) ; les moins denses : 16e (9,9), 13e (10,0), 15e (10,4). Le 18e compte à lui seul 552 entreprises d'alimentation générale et de supérette, le 20e 342, le 10e 319 : des quartiers denses, jeunes et commerçants, où l'épicerie reste le commerce de tous les jours. À l'ouest et au sud, les supermarchés et les supérettes d'enseigne occupent davantage le terrain.
Un secteur très ouvert
276 entreprises de ces trois activités créées en 2025 sont toujours actives : l'alimentation de proximité se crée et se reprend facilement, avec un investissement de départ modéré. Le revers est une rotation forte : dans les rues où les épiceries se succèdent, l'historique du local mérite une vérification.
À retenir. Un quartier dense en épiceries n'est pas forcément saturé : c'est souvent le signe d'une population qui fait ses courses à pied et tard. Ce qui compte, c'est l'écart entre l'offre de la rue et ce que le quartier ne trouve pas encore (produits frais, bio, spécialités, horaires).
Combien coûte une épicerie ou une supérette
Sur les ventes publiées au BODACC avec un prix en 2024 et 2025 :
| Activité | Médiane France | Moitié centrale, France | Ventes France | Médiane Paris | Moitié centrale, Paris | Ventes Paris |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Alimentation générale (épicerie) | 68 000 € | 30 000 € – 135 000 € | 1 722 | 50 000 € | 25 000 € – 116 250 € | 106 |
| Supérette | 130 000 € | 60 000 € – 304 750 € | 332 | 589 198 € | 233 250 € – 977 500 € | 30 |
| Autres commerces alimentaires spécialisés | 71 500 € | 37 375 € – 145 000 € | 408 | 102 500 € | 15 000 € – 237 500 € | 24 |
La « moitié centrale » va du premier au troisième quartile. Médiane parisienne affichée à partir de 20 ventes. Source : BODACC, calcul Emplacement Pro.
L'épicerie est l'un des commerces les plus accessibles : à Paris, un fonds d'alimentation générale se vend en médiane 50 000 €, moins qu'en moyenne nationale (68 000 €), et les médianes par arrondissement restent dans une fourchette étroite : les plus basses dans 14e (25 000 €), 19e (30 000 €), 10e (32 000 €), les plus hautes dans 12e (50 900 €), 11e (50 000 €), 13e (50 000 €). La supérette est une autre catégorie : plus grande, souvent sous enseigne, elle se vend en médiane 589 198 € à Paris. Pour comparer ces prix aux usages de chaque métier, voir ce barème des fonds de commerce par activité.
Horaires, alcool et règles à connaître
- La vente d'alcool à emporter suppose une licence de vente à emporter adaptée aux boissons proposées, et une formation spécifique pour vendre de l'alcool entre 22 heures et 8 heures.
- Les restrictions locales : à Paris, des arrêtés préfectoraux interdisent la vente d'alcool à emporter la nuit dans certains quartiers. Une épicerie de nuit qui compte sur cette vente doit vérifier la situation de la rue avant de signer.
- L'hygiène alimentaire : déclaration de l'établissement auprès des services vétérinaires, chaîne du froid, traçabilité.
- L'étalage sur le trottoir : il nécessite une autorisation d'occupation du domaine public et une redevance.
- La franchise : les supérettes d'enseigne imposent en général un contrat d'approvisionnement, un droit d'entrée et des standards de magasin ; comparer les conditions avant de choisir.
Les critères généraux de tout local de commerce sont détaillés dans le guide choisir un emplacement commercial.
Questions fréquentes
Où ouvrir une épicerie à Paris ?
Là où la population est dense, jeune et fait ses courses à pied, et où aucun supermarché ne se trouve à deux minutes. Les chiffres par arrondissement cadrent la recherche ; la décision se prend rue par rue.
Faut-il ouvrir en indépendant ou sous enseigne ?
L'enseigne apporte la notoriété, l'approvisionnement et les outils, contre un droit d'entrée, des redevances et moins de liberté. L'indépendant garde sa marge et son assortiment, mais porte seul la négociation avec les fournisseurs.
Une épicerie fine a-t-elle besoin d'un emplacement n°1 ?
Pas nécessairement : sa clientèle se déplace pour les produits. Une rue commerçante d'un quartier aisé, bien visible, convient souvent mieux qu'un axe très passant mais au loyer élevé.
Ces chiffres existent-ils pour d'autres villes ?
Oui, les mêmes sources couvrent toute la France. Nous préparons les chiffres d'une ville ou d'un quartier sur demande.
Une épicerie ou une supérette en projet ?
Donnez-nous l'adresse : nous regardons les habitants de la zone, les commerces alimentaires et supermarchés autour, et les ventes de fonds récentes.
Un emplacement à étudier ? Décrivez votre projet, nous vous disons ce que les données publiques montrent de la zone. Demander une étude