Ouvrir un bar ou un café : emplacement et licence IV

Moment de la journée, terrasse, voisinage, licence IV (rachat, transfert, zones protégées), et les chiffres des vingt arrondissements de Paris.

Secteurs · Mis à jour le 27 septembre 2026

Un bar ou un café vit de moments précis : le café du matin sur le chemin du travail, le déjeuner, l'apéritif, la soirée. Selon le moment visé, le bon emplacement n'est pas le même, et une adresse parfaite pour un café du matin peut être morte à 21 heures. S'y ajoutent deux contraintes propres au métier : la licence, qui ne se crée plus mais se rachète, et le voisinage, qui peut rendre la vie impossible à un établissement bruyant. Cette page rassemble les critères d'emplacement, les règles de la licence IV et les chiffres publics des bars parisiens.

Ce qui fait un bon emplacement de bar ou de café

  1. Le moment de la journée visé. Café du matin : sorties de métro, arrêts de bus, bureaux. Déjeuner : actifs à moins de cinq minutes. Soirée : quartier de sorties, étudiants, jeunes actifs, lieux culturels. Un établissement qui tient les trois est rare et cher.
  2. L'angle et la terrasse. Un café d'angle se voit de deux rues et offre souvent une terrasse plus large. Aux beaux jours, la terrasse peut doubler la capacité.
  3. L'effet de grappe. Les quartiers de sorties attirent parce que les bars y sont nombreux : on vient pour la rue, pas pour un établissement. S'installer au milieu d'une grappe coûte plus cher mais apporte une clientèle déjà là.
  4. Les générateurs de clientèle. Salles de spectacle, universités, gares, stades, marchés : ils créent des pics d'affluence prévisibles.
  5. La concurrence de même format. Brasserie, bar à cocktails, bar de quartier, bar-tabac n'attirent pas le même public. On compare avec les établissements du même format dans la zone de chalandise.

La licence IV : l'emplacement passe aussi par elle

Pour servir de l'alcool à consommer sur place, un bar doit détenir une licence correspondant aux boissons qu'il sert :

LicenceCe qu'elle permet de servir sur place
Licence III (licence restreinte)Boissons du groupe 3 : vins, bières, cidres et autres boissons fermentées non distillées, certaines liqueurs peu alcoolisées
Licence IV (grande licence)Toutes les boissons dont la consommation est autorisée, y compris les spiritueux

Un restaurant qui sert de l'alcool uniquement pendant les repas relève d'une licence restaurant, distincte des licences de débit de boissons.

Une licence qui ne se crée plus

Sauf exceptions très limitées, il n'est plus possible de créer une nouvelle licence IV : le nombre est plafonné, et pour ouvrir un bar de plein exercice, il faut racheter une licence existante, soit avec le fonds d'un bar en activité, soit seule, auprès d'un exploitant ou d'une commune qui en détient une. Son prix dépend fortement du lieu et du marché local.

Une licence attachée à un territoire

  • Le transfert est encadré : une licence peut être déplacée, en principe à l'intérieur du même département, après déclaration et, selon les cas, autorisation de l'administration. Acheter une licence dans une autre région pour l'exploiter à Paris n'est pas une formalité.
  • Les zones protégées : le préfet peut interdire l'ouverture de débits de boissons dans un périmètre autour de certains établissements (écoles, établissements de santé, installations sportives, lieux de culte…). Un local situé dans une zone protégée peut être inutilisable pour un bar, même s'il est idéal par ailleurs.
  • La péremption : une licence de quatrième catégorie qui n'est plus exploitée pendant plus de trois ans est considérée comme supprimée. Avant d'acheter une licence « dormante », vérifier la date de fin d'exploitation.

Les formalités d'exploitation

L'exploitant doit suivre une formation et obtenir le permis d'exploitation, puis déclarer l'ouverture, la mutation ou le transfert en mairie avant de commencer. Ces démarches se préparent en parallèle de la recherche du local, pas après.

Terrasse, bruit, voisinage

  • La terrasse relève d'une autorisation d'occupation du domaine public délivrée par la mairie, avec une redevance ; à Paris, un règlement des étalages et terrasses encadre emprises et horaires.
  • Le bruit est la première cause de conflit. Un établissement qui diffuse de la musique amplifiée de façon habituelle doit réaliser une étude de l'impact des nuisances sonores. L'isolation du local, la présence de logements au-dessus et l'historique des plaintes dans la rue pèsent autant que le flux.
  • Le bail et la copropriété : la clause de destination doit autoriser l'activité de bar, et le règlement de copropriété ne doit pas l'interdire.

Les chiffres de Paris, arrondissement par arrondissement

Le tableau compte les entreprises actives dont l'activité principale est le débit de boissons (NAF 56.30Z) et dont le siège est dans chaque arrondissement, d'après le répertoire SIRENE, les rapporte à la population, et donne le prix des fonds de bars vendus entre 2023 et 2025, d'après le BODACC.

ArrondissementBars, cafésCréés en 2025*HabitantsBars pour 10 000 habitantsPrix médian d'un fonds de bar**Ventes avec prix
Paris 1er113815 11474,8335 000 €10
Paris 2e127619 84764,0420 000 €13
Paris 3e971132 17930,1418 500 €12
Paris 4e106927 33238,8320 000 €12
Paris 5e139855 25225,2320 000 €13
Paris 6e104640 38925,7373 750 €10
Paris 7e66748 01513,7–1
Paris 8e1682935 31747,6450 000 €11
Paris 9e2131457 27137,2315 000 €24
Paris 10e2412383 87328,7330 000 €25
Paris 11e39835138 17028,8222 500 €40
Paris 12e15913138 02411,5260 000 €22
Paris 13e11012181 2716,1580 000 €14
Paris 14e1169136 4558,5360 000 €13
Paris 15e16712229 7137,3800 000 €12
Paris 16e8710159 3865,5–4
Paris 17e18816159 21211,8705 000 €8
Paris 18e32424183 12717,7235 000 €26
Paris 19e16011178 6919,0238 956 €18
Paris 20e19216185 14010,4320 000 €20
Paris3 2752792 103 77815,6330 000 €308

* Entreprises créées en 2025 et toujours actives. ** Médiane affichée à partir de 5 ventes dans l'arrondissement. Sources : INSEE, répertoire SIRENE (unités légales actives, NAF 56.30Z, siège à Paris, 75016 et 75116 regroupés) ; INSEE, population municipale légale ; BODACC, ventes de fonds de débits de boissons publiées de 2023 à 2025 avec un prix. Calcul Emplacement Pro, septembre 2026.

Comment lire ces chiffres

Le 11e, capitale des bars

Paris compte 3 275 entreprises de débit de boissons, soit 15,6 pour 10 000 habitants. Le 11e en réunit à lui seul 398, devant le 18e (324) et le 10e (241) : Oberkampf, Bastille, Pigalle et le canal Saint-Martin sont des quartiers de sorties où l'effet de grappe joue à plein. C'est aussi dans le 11e que les fonds de bars se vendent le plus souvent (40 ventes en trois ans) et parmi les moins cher en médiane.

Le centre, dense pour ses visiteurs

Rapportés à la population, les arrondissements les plus denses sont : 1er (74,8), 2e (64,0), 8e (47,6) ; les moins denses : 16e (5,5), 13e (6,1), 15e (7,3). Le centre et le 8e comptent peu d'habitants mais reçoivent chaque jour salariés et touristes : leur densité mesure l'attractivité, pas la saturation. À l'inverse, les grands arrondissements résidentiels du sud-ouest ont peu de bars par habitant, avec une clientèle de quartier plus fidèle mais moins nombreuse le soir.

Des prix qui reflètent le type d'établissement

Les médianes les plus élevées se trouvent dans : 15e (800 000 €), 17e (705 000 €), 13e (580 000 €) ; les plus basses dans : 11e (222 500 €), 18e (235 000 €), 19e (238 956 €). Les écarts tiennent autant au format (grandes brasseries dans les arrondissements résidentiels, petits bars dans les quartiers de sorties) qu'à la valeur de la rue.

À retenir. Pour un bar, l'emplacement se valide en trois temps : le quartier et son moment fort, la licence (disponible, transférable, hors zone protégée), puis le local (terrasse, isolation phonique, voisinage).

Combien coûte un bar

Sur les ventes de fonds de débits de boissons publiées au BODACC avec un prix en 2024 et 2025 :

ActivitéMédiane FranceMoitié centrale, FranceVentes FranceMédiane ParisMoitié centrale, ParisVentes Paris
Débit de boissons (bar, café)140 000 €60 000 € – 292 500 €5 261330 000 €190 000 € – 550 000 €281

La « moitié centrale » va du premier au troisième quartile. Source : BODACC, calcul Emplacement Pro.

À Paris, un bar se vend en médiane 330 000 €, plus du double de la médiane nationale (140 000 €). Le prix comprend en général le droit au bail, la licence, le matériel et la clientèle. La cession d'un fonds de commerce suit un formalisme précis (acte, publicité, délai d'opposition des créanciers) auquel s'ajoutent, pour un bar, la mutation de la licence et le permis d'exploitation du repreneur.

Les critères généraux de tout local de commerce sont détaillés dans le guide choisir un emplacement commercial ; pour un établissement qui sert aussi à manger, voir l'article sur l'emplacement d'un restaurant.

Questions fréquentes

Peut-on encore créer une licence IV ?

Sauf exceptions très limitées, non : les licences IV existantes se rachètent, avec un fonds de bar ou seules, puis se transfèrent selon des règles encadrées.

Une licence IV peut-elle être transférée d'une ville à une autre ?

Oui, sous conditions : le transfert se fait en principe à l'intérieur du même département et suppose des formalités auprès de l'administration. Le local d'arrivée ne doit pas se trouver dans une zone protégée.

Quel est le meilleur quartier de Paris pour ouvrir un bar ?

Il dépend du concept : un bar de soirée cherche un quartier de sorties comme le 11e ou le 10e, un café du matin la proximité des bureaux et des transports. Les chiffres par arrondissement cadrent la recherche, la décision se prend rue par rue.

Faut-il un diplôme pour ouvrir un bar ?

Aucun diplôme n'est exigé, mais le permis d'exploitation, obtenu après une formation obligatoire, est nécessaire pour exploiter un débit de boissons.

Un bar ou un café en projet ?

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